ENTRETIEN AVEC CELINE TAYOU

GLANCE MAGAZINE : Bonjour ! Comment êtes-vous venue à la Pâtisserie ?

Céline TAYOU : Merci de prendre la peine pour cette interview qui m’honore au plus haut point.Je vais vous surprendre en vous disant que je n’ai pas fait d’école de Pâtisserie mais une école de Cake Design ce qui n’est pas vraiment la même chose. Dès ma tendre enfance je me suis découvert une passion pour le dessin ce qui a beaucoup facilité mon choix dans le domaine car ayant fait au préalable une école d’Art. Très fortement attirée par ailleurs par l’art culinaire c’est au hasard des choses qu’un jour j’ai vu une réalisation pâtissière lors d’un anniversaire, d’une personne lambda, pas très agencée, avec des lignes  non perpendiculaires  que mon attention s’est rivée sur ce gâteau. C’est de là vraiment que tout a commencé et je me suis dit pourquoi pas me lancer dans une réalisation graphique d’une pâtisserie. Je me suis ainsi inscrite à Paris dans une école de Cake Design et ait été heureuse de constater que ce métier était plein de découvertes et d’apprentissage permanent. Les gâteaux avec lesquelles on réalise ces design se doivent de ne pas être à base de mousse, ni de pâte à chou mais à base pâte dure, des cake, et des viennoises.

G.M : Comment vous êtes venue l’idée de vous implanter au Cameroun ?

C.T. : Vivant depuis un certain temps aux USA, j’y ai rencontré mon mari qui résidait au Cameroun avec qui nous avons eu deux adorables enfants ce qui a facilité mon choix de résidence et de profession suite à ce fameux anniversaire et le déclic que j’ai eu qui a facilité mon choix de métier. Ensuite au vu des opportunités qui s’offrent en la matière au Cameroun et afin de mieux  concilier ma vie de mère de famille le Cameroun était ce qu’il y avait de mieux pour moi.Le Cameroun m’offre à la fois la possibilité de me réaliser mais aussi de former une jeunesse à ce nouveau corps de métier, malgré les difficultés rencontrées pour un entreprenariat privé.Le Cameroun à contrario des pays Européens et autres en cas d’erreurs, vous permet de vous ressaisir et de vous refaire chose qui serait difficilement acceptable ailleurs quel que soit son investissement dans le business consenti.

G.M. : Existe-t-il des Pâtisseries africaines voire Camerounaises ?

C.T. : Malheureusement non à ma connaissance car la place du salé a une place prépondérante  dans nos habitudes alimentaires .Fort heureusement depuis quelque temps, disons une quarantaine d’années désormais le dessert commence à être intégrer dans nos menus, et depuis la création de ma structure CREATIVE CAKE il est fréquent pour certains de commander un MUST HAVE  (Cake Design) pour leurs cérémonies.

G.M. : QUEL EST LE CONCEPT DE CREATIVE CAKE ?

C.T. : Proposer des produits qu’on ne trouve pas en pâtisserie à la base. Ensuite j’ai trouvé que les Cakes que je voyais aux USA n’étaient pas fins. L’idée de faire des pâtisseries fines m’est donc venue en essayant de mélanger textures et saveurs pouvant nous changer du quotidien et changer aussi de la pâtisserie. J’ai donc créé cette petite miche de CUP Cake à la fois dans leur saveur que dans leur design. Notre offre c’est donc moitié CUP CAKE moitié CAKE DESIGN.

Il est très important de faire savoir que réaliser un Cake Design est queque chose d’assez laborieux représentant très souvent des heures de travail et même souvent des jours selon les désidératas des clients. On arrive à avoir des sentiments contrastés de peine quant savoir que cette belle œuvre d’art sur laquelle on a passé autant d’heures de travail va être détruite en très peu de temps mais en même temps quand de satisfaction et de bonheur lorsque l’on entraperçoit l’émerveillement  et le joie des gens devant cette réalisation. C’est un travail d’orfèvrerie et de précisions, de colorations etc… Dotée d’une technicité incroyable et inimaginable, la réalisation d’un cake design est un travail exaltant et passionnant.

 

G.M. : Comment expliquer la percée de la pâtisserie au Cameroun ?

C.T. : Simplement comme FELTON ou Maison H.et d’autres qui se lancent dans la profession de par ce qu’ils ont appris et connu sous d’autres cieux, l’envie de transmettre est très forte ce qui entraine forcément un apport en qualité qui ne saurait être tue.Les gens en parlent, dégustent ce qui est bon et consomment de plus en plus.Le bon ainsi devient bon parce que bien fait dans le respect des règles de l’art tout simplement.

G.M. : Le recrutement ?

C.T : Je puis vous certifier au risque de me tromper que de la majorité du personnel de CREATIVE CAKE (une vingtaine) seul deux à ma connaissance n’ont pas une formation de pâtissier à la base. Il y a des gens aptes au graphisme, à la communication, aux fiances au back office qui ont contribué à notre essor et à notre succès .Nous avons tous appris un nouveau métier et nous en sommes tous très satisfaits.

Propos recueillis par Kinjé Mboui

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