Entretien avec : Matthieu Fourny, Entrepreneur pour « LITTLEFOOT »dont le projet est de valoriser et promouvoir l’art africain.

Vous pouvez nous résumer votre projet en une phrase ?

Nous proposons aux professionnels (designers, architectes d’intérieurs et magasins) une sélection d’objets uniques, faits main directement fabriqués en Afrique à prix grossiste.

Comment a commencé votre histoire ?

C’est avant tout une histoire de rencontre ! Nous sommes trois co-créateurs et nous avions chacun un morceau d’histoire…

Nous nous sommes rendu compte qu’il était extrêmement difficile pour les professionnels de trouver des objets originaux et de se différencier face aux géants du web et de la distribution alors que l’Afrique regorge d’artisans extrêmement talentueux qui peinent souvent à faire connaitre leur travail et leur savoir-faire.

Chacun de notre côté, nous avions envie de changer le monde et essayé à travers nos projets dans la communication, la tech ou le commerce. Nous sommes passionnés par le monde qui se construit et les possibilités d’internet mais en même temps on ne se reconnaissait pas forcément dans les valeurs qui y sont attachées. C’est la volonté d’allier la tradition et les nouvelles technologies qui nous a convaincus qu’on pouvait construire un monde plus Humain.

Quelle Est La Vision Du Monde Qui Vous Anime Aujourd’hui ?

Internet à été porteur d’espoir, pour nous comme pour une grande partie des gens mais l’esprit des précurseurs est en danger si on ne fait pas attention. Alors qu’on pensait gommer les inégalités, rendre les échanges et le partage accessibles à tous, la fracture numérique se creuse… mais ce n’est pas inéluctable.

Si l’Afrique est comme toujours le grand oublié, les évolutions y arrivent plus vite que jamais. C’est l’occasion de la replacer sur l’échiquier mondial et pour nous de défendre un monde ou la technologie porte les valeurs humaines.

Quels en ont été les faits marquants ?

Le plus marquant c’est bien entendu la rencontre avec l’Afrique ! C’est un continent extraordinaire où les difficultés ont exacerbé une force de vie et une créativité inimaginable. Nous n’avons pas trouvé meilleur cours d’humilité, les africains sont l’incarnation même de la résilience, c’est assez difficile à expliquer dans les faits car c’est un tout et nous en avons beaucoup de clichés. Par ailleurs, il existe nombre de cultures diverses et complexes ce qui ne simplifie pas les choses. Mais comme qui dirait, si tu trouves les rapports humains compliqués, ne va jamais en Afrique !

Quel est votre projet et la valeur qu’il apporte à votre communauté ?

Nous favorisons l’accès au marché mondial aux artisans et à leurs représentants, ce qui est probablement bien plus efficace que nombre de solutions et leur permettra de mieux prendre leur destin en main.

Mais nous permettons également de défendre nos commerces de proximité face à Amazon, Alibaba ou les nouveaux arrivants comme Gearbest. Pour survivre ils devront continuer à proposer des objets introuvables ailleurs, le résultat d’un vrai savoir-faire et d’une histoire : des objets qui ont une force indéniable.

On pourrait parler de réenchantement du monde mais c’est un vrai combat de société. Il n’y a qu’à voir la progression du mieux consommer, le Do it Yourself ou les mouvement humains et écologiques. Nous leurs proposons simplement un moyen supplémentaire de se battre et un beau moyen !

Qu’auriez-vous à dire en conclusion

Nous aimerions que les gens dépassent leur a priori sur l’art africain car il est vivant, contemporain et protéiforme ; pas du tout l’image que nous en avons généralement en France ! C’est le plus difficile à combattre mais pour s’en convaincre il suffit de regarder nos produits, c’est notre meilleur argument ! C’est d’ailleurs comme ça que nous avons convaincus nombre de professionnels que ce soit des petits magasins, des galeries ou des designers.

 Interview réalisée par Emmanuel Delahaye

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