Entretien avec Stéphanie NTSAMA AKOA ancienne sociétaire de l’équipe Nationale de France de Handball

HAND / LFH / BBH / Stéphanie N’Tsama Akoa / Photo Patricia Mérer

Glance Magazine : Célèbre championne française de handball aujourd’hui retirée des compétitions mais pas complètement au regard de l’orientation nouvelle de la carrière parsemée de titres nationaux tout comme internationaux qui a été la vôtre, pouvez-vous Stéphanie Ntsama Akoa vous présenter à nos lecteurs s’il vous plaît ?                                   

Stéphanie NTSAMA AKOA : Je suis  née le 24 janvier  1984 à Yaoundé. Je suis arrivée en France à l’âge de 8 mois. Nous sommes une famille de 05 enfants dont 3 filles et un garçon. Mes parents sont venus s’installer en France plus exactement à la Haye les Roses. Je suis mère d’une merveilleuse petite fille.

J’ai commencé le Handball à l’âge de 12 ans a la Haye les Roses, puis à Evry sur Seine une fois au Collège en même temps que j’intégrais l’équipe de France Jeunes en classe de 3ème , puis France Espoirs, et enfin le Centre de Formation à Besançon .Dès l’âge de 18 ans je suis devenue joueuse professionnelle de Hand et en parallèle  j’ai fait des études de comptabilité et d’infirmière .

G.M. : Victorieuse des Jeux africains déroulés à Rabat au Maroc l’été dernier, avez-vous des contacts avec l’équipe féminine de handball du Cameroun votre pays d’origine ? Si oui quels types de rapports entretenez-vous et autour de quel sujet sujets ? Dans le cas contraire, à quoi est dû cette absence d’échanges ?                                    

S.N.A. : Je n’ai jamais été approchée par l’équipe du Cameroun, donc les liens ne se sont jamais faits. Je reconnais ne  pas avoir suivi cette équipe et cela  je le regrette parfois  mais malheureusement on ne peut vraiment être partout. Je n’ai aucune connaissance ni avec les clubs Français ni avec l’équipe du Cameroun depuis l’arrêt de ma carrière de joueuse.

G.M. : Désormais directrice administrative et opérationnelle du Massy Essone Handball, en quoi consiste ce poste occupé par vous suite à la fin de votre carrière ?Vous félicitant pour cette judicieuse continuité, comment cette réorientation professionnelle et non plus sportive cette fois-ci s’est-elle décidée et s’est-elle actée ?                                            

S.N.A. : Je me suis  beaucoup remise en question la dernière année de ma carrière  et je me suis rendu compte que je souhaitais m’investir dans le développement d’un club car j’avais eu la chance de connaitre le Club de Brest  et son développement extraordinaire. Je me suis dit  autant continuer l’aventure dans le Handball,  mais de l’autre côté car je savais que ce sport que j’aimais tant allait me manquer.

Partante dans un premier temps pour mon poste d’infirmière, la passion pour ce sport à travers la formation de Manager sportif a pris le dessus et aujourd’hui je n’ai point de regrets car je m’éclate dans ce métier pour ce sport que je chéris tant. Ce n’est pas tous les jours facile mais ce n’est que du bonheur que de se lever tous les matins pour le boulot que l’on aime

 A l’arrêt de ma carrière je me suis reconverti en Manager de Club Sportif Professionnel avec le CDES de Limoges. Depuis Novembre 2019 je suis au club de Massy Essonne Hand Ball Masculin qui évolue en deuxième division ou je suis Directrice Administrative et Opérationnelle.

Mon poste consiste à développer la politique mise en place par les dirigeants du club, à aider à la structuration du club, à intervenir au niveau de la partie sportive dans son  management  et pilotage du club, j’ai aussi un rôle  pour ce qui est des Ressources Humaines, du développement commercial du club,  de m’assurer de la bonne communication du club du médical, d’un regard sur la comptabilité… Pour ainsi dire je pilote tout un ensemble de pôles et je fais le lien entre le conseil d’administration et les salariés et toute la partie  amateur du club.

G.M. : Les jeunes français d’origine africaine semblent enfin avoir compris et intégré qu’ils sont autant français que leurs compatriotes d’ascendance caucasienne et autres. A quoi attribuez-vous cette prise de conscience récente néanmoins et surtout quel en a été selon vous l’élément déclencheur de cette entrée effective dans la vie publique française ?

S.N.A. : Je pense que l’élément déclencheur est survenu au temps ou Rama Yade fut nommée  ministre de Sarkozy. L’idée que la femme noire avait tout autant sa place que la femme blanche dans la société française. Le Président Sarkozy a certes ses défauts et ses qualités mais il faut savoir  lui reconnaitre cette faculté d’avoir su nous mettre en avant. Je pense que c’est l’évolution de la société qui veut que les choses soient faites ainsi et que la Française d’adoption d’origine africaine soit reconnue et intégrée sans limites comme par le passé. Que ce soit pour le mariage  pour tous il est désormais possible qu’il y ait le métier pour tous grâce à cette révolution. Arabes, Noirs, etc…ont désormais les mêmes chances.

Le monde est aujourd’hui ouvert. Les mentalités ont tellement changé que c’est le fond du discours qui change. Pour moi tout est envisageable l’essentiel c’est d’être bien entourée.

G.M. : Ultime question tout en vous remerciant pour cet entretien. Continent paradoxal en se référant aux fléaux qui y sont répertoriés, l’Afrique n’en est pas moins un continent d’avenir. Quels en sont selon vous les modèles figurant parmi les personnalités célèbres issues des différents pays qui vous ont marqué

S.N.A. : Mes  modèles sont  Nelson Mandela, et aujourd’hui George WEAH, le sportif devenu Président. Deux modèles forts de l’émergence africaine du « Tout est possible » si on y croit vraiment. Je vous remercie beaucoup pour cet échange,  et n’hésitez pas à revenir vers moi si besoin est. Ce fut fort sympathique de votre part  de l’intérêt porte sur ma personne

Propos recueillis par Kinjé MBOUI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *