Disparition d’un pionnier de la musique universelle

Saxophoniste de légende, doté d’un exceptionnel talent, Manu Dibango aura inspiré moult générations d’artistes et marqué des nuées de mélomanes dans le monde entier.

En épurant l’esprit des cacophonies du quotidien, l’œuvre éclectique de ce magicien des sons et des accords lui survivra, j’en suis persuadé, car elle compte, depuis belle lurette, parmi les compositions musicales du patrimoine universel.

Au-delà de son génie artistique, l’icône de la world music et de l’afro-jazz_ était aussi un père de famille attentionné, en dépit du rythme acharné des répétitions et des spectacles imposés par la passion d’un métier éminemment exigeant.

Aucun soupçon d’effronterie. Aucun égarement d’afféterie. Aucun écart de bigoterie. Le Maestro était si pudique que la moindre plaisanterie équivoque était aussitôt couverte par une voix chaleureuse, un sourire bienveillant ou un rire éloquent empreint de convivialité.

Mais surtout, l’auteur-compositeur-interprète de Soul Makossa avait coutume de faire montre d’humilité profonde et d’humanité protéiforme, vertus cardinales qui caractérisent sainement le comportement affable des personnages illustres.

Mis en peine par l’annonce du décès de « Papy Groove », des suites d’une pneumopathie infectieuse, due à la contamination au Covid-19, je me console désespérément de l’injustice de ce satané virus, en m’agrippant, autant que faire se peut, aux moments agréables que nous avons pu partager ensemble.

Aussi m’en souvient-il que Manu me fit l’honneur d’assister par surprise à l’entame de la soirée de mariage de l’une de mes nièces à Yaoundé…

Ce fut un égal plaisir de le voir arriver à mon domicile helvétique, accompagné d’une connaissance commune, alors qu’il devait participer le lendemain au Festival de jazz de Montreux…

Mes pensées et prières vont tout particulièrement à la famille et aux proches du regretté défunt.

Que l’Éternel ait l’âme de ce digne fils du Cameroun !

 

Prof. Dr Alain Boutat, Lausanne

 

Informé  par l’artiste Henri Njoh que Manu était finalement décédé car depuis un moment  les réseaux sociaux annonçaient sa mort et les démentis s’en suivaient.

 Manu était originaire du village Logntoka situé à Yabassi , du canton Yabassi Centre.

 Son papa s’appelait Ndjock Dibango et sa maman, originaire de Bonantone à Deido Douala., s’appelait KWIN.

Le papa de Manu et mon grand-père était des frères ; ce qui signifie que Manu pour moi était un papa  (mon oncle pour ainsi dire).

Il faut préciser que le  père Njock DIBANGO a eu deux femmes qui à leur tour ont procrées deux enfants ;

Gaston DIBANGO était le fils de la première, et Emmanuel DIBANGO était  le deuxième enfant issu de la seconde épouse.

 Parti de Yabassi  à l’époque de la colonisation pour s’installer à Douala , Njock DIBANGO va connaître des problèmes fonciers  avec la communauté Douala et  va de ce fait emmener Bertaud créateur du camp Bertaud (camp de la Police à Douala ) à demander à Otto Lobe toujours un oncle à créer le CAMP YABASSI à Douala.

 

C’est ainsi que Njock DIBANGO va alors  un lopin de terre juste à côté de la station d’essence MRS du Camp Yabassi à côté de l’agence de voyage Transline et mon grand-père 200m après.

 Le petit frère à Njock DIBANGO, appelé  Mouledi Dibango , habitait juste derrière la maison de mon père , lopin de terre à lui céder  mon grand-père .

Parti très tôt en France, en 1949(16 ans), Manu n’a pas eu l’opportunité de connaitre bien des  membres de sa famille et ce n’est que vers les années 60 quand il venait en congé au Camp Yabassi qu’il s’essayait à faire leur connaissance.

Les liens de Manu avec sa famille étaient très chaleureux du vivant de son papa mais après le décés de ses parents il finit par être très peu régulier auprès de sa famille en général et du Camp Yabassi  en particulier ceci au profit de  ses amis et frères de sa génération à l’instar du journaliste Antoine Lobe, Titi Dimbeng, Gedeon Mpando,  Benga Dimbeng ,le professeur Eben Moussi  tous cousins de Logntoka et bien d’autres de sa génération.

 Sa rencontre avec le musicien Kotto Bass  son neveu (un de mes cousins habitant également derrière la maison de mon papa) le  rapprochera notre génération mais la mort précoce de ce dernier ne facilitera pas outre mesure un raffermissement de nos liens familiaux.

 La fracture avec sa communauté était réelle car Manu se voulait citoyen du monde et se plaignait du fait que son papa ne l’avait pas fait connaître son village Logntoka à Yabassi.

C’est ainsi qu’avec  l’aide de l’artiste Henri Njoh, son ami de toujours j’ai pu me rapprocher de lui aux fins de le reconnecter avec Yabassi qu’il n’a connu qu’à l’occasion de l’inauguration du pont sur le Nkam à l’époque du président Ahidjo.

 J’ai pu construire une boîte de nuit très moderne  baptisé CLUB MANU en mémoire de son cabaret le CLUB MANU qui était situé au sous-sol de l’immeuble CNR à Yaoundé alors que j’étais étudiant à l’université de Yaoundé. Il serait aussi bon de rappeler qu’à l’hôtel TITINA ou cette boîte de nuit est logé il y a également une suite senior ou la mère de  deux de ses enfants,  Le professeur Nicole NDOCKO séjournait chaque fois qu’elle venait à Yabassi dans le cadre des séances de travail avec l’ISH  (l’Institut des sciences halieutique), un démembrement de l’université de Douala.

On avait en projet, Henri NJOH et moi, d’organiser l’apothéose du grand concours de musique avec les Brasseries du Cameroun. Malheureusement les problèmes de santé de mon ami et grand frère Henri Njoh ne nous a pas permis de concrétiser ce projet afin de faire revenir Manu à la maison .

Notre frère s’en est allé si vite, mais sa mémoire restera parmi nous pour l’éternité.

Dieudonné DIKABO

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