L’IRRESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE, CE MAL QUE CHACUN VEUT UNIQUEMENT VOIR ASSUMÉ PAR L’AUTRE.

Malgré l’étroitesse des portes du paradis, pourtant grandes ouvertes à tout le monde, il y a encore beaucoup parmi nous qui croient qu’une fois là-haut, il faudra toujours justifier ses péchés par la faute des autres ou se prévaloir de tous les titres auxquels ils nous habituent ici, pour y avoir accès, oubliant que l’image d’eux que renvoie le miroir est bel et bien la leur, un original et non les copies conformes ou les falsifications qu’ils veulent nous imposer ou dont ils s’accommodent aisément, «l’enfer c’est les autres » devenant le refrain de leur mélodie préférée.

En tout cas, «qui veut aller loin ménage sa monture», essaie par tous les moyens de sauver son œil de l’aiguille qui le menace, avant de se moquer de la poudre dans l’œil de l’autre.

Si tout était gagné d’avance, quel plaisir aurions-nous de gagner ou de nous croire différents ou meilleurs que les autres? Quels sens auraient les mots ennemi,rival,corruption,xénophobie,tribalisme diplômes,fortune,pauvreté,immigration etc…?

La vie est certes une équation personnelle, mais elle ne saurait se résoudre sur la base de la culpabilité ou la négation des autres, ces inconnus variables pourtant, indispensables à la maîtrise de notre problématique existentielle.

Dans cette logique, l’opposition donne tous les torts au pouvoir en place, ce dernier condamne l’opposition, le paresseux et l’éternel insatisfait, la dureté de la vie, le malheur d’être nés pauvres, la chance des autres pendant que sur eux seuls s’abattent tous les malheurs du monde, sans oublier leurs susceptibilités à être pris généralement, pour ce qu’ils sont plutôt en réalité, des inutiles complexés, des éternels derniers, des » élèves internationaux »(dixit Jean Miché Kankan).

À cette allure, nous avons finir tous par nous convaincre, que l’Europe c’est le paradis et l’Afrique l’enfer, entraînant dans cette illusion toute cette génération qui aujourd’hui n’apprend à nager que pour atteindre les côtes grecques ou espagnoles.

Pire encore, nous sommes là à toujours critiquer ceux des nôtres, restés sur place, comme gouvernants et autres, qui se battent avec des fortunes diverses et ces défauts humains inhérents à tous, à essayer de changer les donnes, quand nous n’accusons pas tout simplement le colon, le franc CFA, le clientélisme, le tribalisme, l’autoritarisme, etc…

Dites-moi que la dictature est mauvaise et je vous dirai, que l’Irak était mieux sous Saddam Hussein, la Lybie avec Kadhafi, la Chine ou l’Iran avec leurs partis uniques,etc..

Le problème n’est donc pas la démocratie ou la dictature d’un parti, encore moins uniquement le colon ou l’autre qui ne m’aime pas ou profite de moi, sinon notre refus de nous assumer individuellement ou collectivement, de construire des nations fortes à nos images, au lieu de vouloir nous transformer en de fausses copies de ceux que nous disons, pourtant être les responsables de tous nos malheurs.

En attendant, nous avons désigné les coupables, comme toujours, sauf que nous doutons même de notre propre justice, qui en fait est notre propre regard tronqué de nous-mêmes. À qui donc la faute?

Ngoucheme Ezechiel

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