L’orientation : l’affaire de tous…

Nous voici en fin d’année scolaire, avec une pensée émue pour tous les élèves de Terminale qui voient arriver à grande vitesse le moment de faire les fameux choix d’orientation pour l’année prochaine. Cette question de l’orientation n’est pas simple et est souvent source de grosses prises de tête, de tensions familiales voire d’angoisse.

Certains lycéens ne s’en préoccupent pas encore. D’ailleurs, ils doutent de décrocher le bac. Alors l’après-bac… Peut-être feront-ils sur ces mêmes bancs du lycée l’an prochain. Pour les autres, la réalité est diverse. Certains, rares, chanceux, ont une vocation ou une passion depuis toujours. Ils veulent faire médecine, ou quelque chose dans l’audiovisuel, ou encore le BTS de leur lycée parce que c’est logique après leur bac pro actuel… D’autres, beaucoup plus nombreux, oscillent entre “j’ai plein d’idées et je ne sais pas choisir” et “vraiment, rien ne m’intéresse”.

Les difficultés liées à l’orientation postbac s’illustrent par quelques chiffres-clés cités dans diverses études. Ainsi, un étudiant sur trois regrette son choix d’orientation (1) ; un élève sur cinq ayant entamé des études supérieures en ressort sans diplôme ; à peine plus de 40 % des étudiants poursuivent, après une première année d’études en licence, dans la deuxième année de la même formation (2) ; 66% des étudiants auraient aimé être mieux accompagnés pendant leur démarche d’orientation (2) ; 40% des lycéens attendent la Terminale pour réfléchir à leurs choix d’études supérieures (1).

Les causes de ces décrochages sont connues : des choix par défaut, un déficit d’information sur l’enseignement supérieur dans toutes ses dimensions, des questions matérielles et financières qui bloquent l’hypothèse d’études longues, un manque de confiance en soi, un doute sur la légitimité de certains à envisager ces études « Ce n’est pas pour moi ! », une transition sans accompagnement, ou encore une rupture dans les méthodes pédagogiques.

Depuis 2002, les programmes d’égalité des chances des grandes écoles ont accompagné des milliers de lycéens de la Seconde à l’entrée dans les études supérieures voire au-delà, pour les aider à répondre à la question : “Qu’est-ce que je vais faire l’an prochain ?”, question qui en cache une plus large “Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?”

Au fil des années, nous avons structuré un accompagnement autour des 4 dimensions qui nous semblent stratégiques pour un passage réussi du lycée aux études supérieures :

Se connaître : ce que j’aime faire, ce que je sais faire, ce qui est important pour moi, comment j’apprends, ce que sont mes valeurs…

Connaître le champ des possibles : pas facile de s’y retrouver parmi les 12 000 formations de l’enseignement supérieur. Cette prolifération de formations garantit assurément des formations adaptées au profil de chacun. Mais cette richesse entraîne également une énorme complexité et une réelle difficulté pour identifier parmi celles-ci les formations qui pourraient convenir.

Nous avons tous pratiqué les listes des “Pour” et des “Contre” pour faire pencher la balance. On peut passer en revue les choix du cœur, les choix de la raison, les choix de la sagesse. Et on peut aussi écouter les experts en neurosciences qui expliquent qu’un choix satisfaisant est celui qui aligne les valeurs, les envies et le potentiel.

Enfin, une fois la décision prise, il faut encore décrocher sa place dans le supérieur et s’y préparer pour y réussir. Ces savoir-faire n’ont rien d’évident. L’accès aux études supérieures et la réussite dans les différentes filières d’études après le bac relèvent de nombreux codes et attendus, pas toujours explicites. Ce n’est pas si évident de savoir-faire un CV, une lettre de motivation, de se préparer à un entretien et de bien mettre en avant les expériences et acquis qui convaincront une filière sélective ou une entreprise de retenir une candidature pour une place dans le supérieur, une alternance ou un job d’été. En arrivant dans le supérieur, on attend tout-à-coup des nouveaux étudiants, hier encore lycéens, des compétences nouvelles, très peu développées au lycée : la capacité à travailler en équipe (le supérieur, c’est parfois le TPE permanent !), à étudier avec une grande autonomie, à organiser son travail d’une façon nouvelle, à mémoriser parfois des quantités d’informations phénoménales, bien au-delà de ce à quoi le lycée les a préparés…. Autant dire que tout ceci ne s’improvise pas.

On le voit, il n’y a pas de baguette magique pour transformer un lycéen tout heureux de décrocher son bac début juillet, en un étudiant, qui, deux mois plus tard, arrive dans une filière du supérieur avec toutes les bonnes pratiques pour y réussir, tellement variables d’une formation à une autre.

Il n’y a donc pas de mystère, il faut anticiper ! Un étudiant qui réussit, c’est un lycéen qui s’est bien préparé. Et à cette époque de l’année, tout est encore possible. Alors, à bientôt pour proposer des pistes concrètes de préparation efficace pour une orientation réussie !

Chantal Dardelet

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