ON NE VIT PAS SANS EXISTER

Je n’ai jamais vu un beau habit neuf accroché dans une belle penderie, se déchirer ou s’user, tout comme je cherche encore à savoir comment on peut avoir de l’argent sans le dépenser et trouver la vie chère.

La vie, en réalité, n’est vie, que dès lors qu’on cesse d’être, un assisté, un éternel enfant, un pleurnicheur intermittent, un conjoint ou un ami toujours cocufié et trahi, ou un opposant à vie, pour prendre le chemin de l’engagement, de la responsabilité, de l’existence.

Chacun de nous est donc forcément au départ, comme un habit neuf ou un billet de 5000 ou 10.000 frs non utilisés ou dépensés.

Cette voie parsemée d’embûches, cette course de haies, cette ascension vers le plus haut sommet du monde, notre EXISTENCE, celle qui précède cette essence qui quoique ayant dépendu des autres, survenue inévitablement dans la douleur de la gestation et de l’enfantement et très souvent aussi, des non-dits pas toujours joyeux, de la conception, qui restera la seule à nous définir et à faire valoir.

Sans toujours être en accord avec tout ce qui se fait autour de moi et soit disant pour moi ou pour mon bien-être à moi, il vaut toujours mieux avec un peu de recul et plus de sagesse, essayer de comprendre, que ce n’est que face à l’obstacle que l’homme se découvre, se trompe ou fait son choix, sûrement le bon, dans tous les cas, il l’est pour lui en ce moment précis, pendant lequel l’individuel a toujours tendance à supplanter le collectif, ou le moi doit être le fondement premier de toute velléité d’ensemble, dans cette réalité incontournable de 1+1=2, ou de un pour tous et tous à partir de chaque moi, quoique isolé ou malfaisant, mais dont la projection devrait éclabousser et influencer le prochain et partant toute la communauté environnante.

Dans l’engagement, aucun choix n’est donc facile, même celui régulier d’écarter les autres pour être le seul, de vouloir être l’unique référence de l’amour, de la grandeur, du pouvoir et du BON.

Il en est de même de celui de lutter pour une société juste et favorable à tous, tout comme celui d’être un bon conjoint, un bon parent, l’ami idéal ou toute référence politique ou de cet humanisme que nous acceptons tous pourtant, être la seule voie de salut d’un monde meilleur, tout en faisant plutôt tout, pour le rendre exclusif et idéaliste.

S’il est donc vrai, que notre existence est une construction de chaque instant, de tous les jours, contre vents et marées, il n’en demeure pas moins vrai, que sans obstacles, il n’y aurait jamais de lutte, sans le mal il n’y aurait jamais un besoin de vérités, sans une référence, il n’y aurait jamais d’opposition ou de contradictions, sans amour, il n’y aurait pas la haine, bref sans toi, il n’y aurait pas de moi.

Tout juste pour nous émerveiller sur ces évidences d’un monde qui n’est en réalité qu’à notre image à chacun de nous, ange et démon, chaud et froid, intelligent et idiot, bon amant et mauvais conjoint, riche et nécessiteux de cette reconnaissance par les autres, puissant et dépendant d’une cour sur qui exercer, prisonnier et envieux de son geôlier, piéton et amoureux de belles voitures, opposant et dépendant plus du fait du Prince que de ses propres forces.

Voilà donc l’Homme au naturel, cette image que chacun de nous fait tout pour voir à travers les autres, oubliant que seule sa prise de conscience subjective, sonnera le glas d’une existence réelle, pas d’un nouveau départ, mais du départ de chaque aventure terrestre, de notre vie, celle-là que très peu ont déjà commencé, malgré leurs âges avancés, tout comme beaucoup seront morts sans l’avoir vécu, dès lors que notre vie à nous se limite à parler des autres, à attendre tout d’eux, à ne jamais nous rendre compte de ce qu’on a jusqu’au jour où on le perd ou on se perd, à attendre un miracle du Très Haut, alors qu’il nous a bien dit, allez et débrouillez-vous, nous ferons les comptes plus tard.

Pour terminer je nous poserai toujours la même question: À QUI LA FAUTE?

 

Ezéchiel NGOUCHEME


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