pub11.jpg
Friday, 20 April 2018 00:07

Le cauchemar des conseillers de startups Featured

Written by
Rate this item
(0 votes)

auteurCertains porteurs de projet, conscients que leur statut de start-up les rend populaires (puisqu’ils ont les faveurs des médias et des pouvoirs publics) ont tendance à penser que tout leur est dû (qu’il est naturel de leur rendre service gratuitement) parce que ce sont les héros du jour et qu’ils sont porteurs d’avenir.

Quand ils viennent demander mon aide pour les sortir de leur misère et les remettre sur pied ils n’ont parfois plus d’argent pour me rétribuer. Il faut résoudre urgemment leurs problèmes, leur trouver en sus une solution de financement immédiate et accepter de n’être rémunéré qu’en cas de succès futurs… alors qu’ils viennent de payer rubis sur ongle des charlatans qui leur ont vendu du rêve.

C’est intolérable de travailler presque gratuitement pour réparer les erreurs des cigales entrepreneuriales, d’apporter enfin une réelle valeur ajoutée quand on constate à quoi les fondateurs malchanceux ont préalablement utilisé leur trésorerie. Mes derniers solliciteurs en date ont gaspillé 70 000 euros (dont un quart bêtement subsidié par le dispositif public d’accompagnement entrepreneurial) en études de marché et en coaching…sans aucun résultat probant. Malgré l’éloquence évocatrice des libellés de certains séminaires auxquels ces primo entrepreneurs malheureux ont participé, comme par exemple, celui proposant une « Formation dynamique et interactive de 3 jours pour les porteurs de projet qui souhaitent transformer leur entreprise ou leur projet en vrai succès »

C’est le cauchemar des consultants : tomber sur des clients flattés, mais aussi lessivés, par des démagogues qui ont su exploiter la crédulité d’entrepreneurs novices et qui se sont copieusement servis en leur vendant, autant opportunément qu’inopportunément : salons, colloques, foires, conférences, enquêtes de terrain, études de marché, pacte d’actionnaires, plans financiers, stratégies marketing et plans des ventes…inopérants.

Ces vendeurs d’orviétan n’ont ni l’art, ni la manière d’aiguiller convenablement les profanes de l’entrepreneuriat vers les services et les outils adéquats. N’importe qui peut s’autoproclamer coach d’entrepreneur, d’autant plus que c’est branché et que les structures d’accompagnement entrepreneurial prolifèrent, irriguées par une pluie de subsides publics régionaux, nationaux, européens. Et le plus beau, dans l’histoire, c’est qu’il n’y a pas, ou peu, de contrôle effectif et/ou efficace de la performance des structures subsidiées.

Carl-Alexandre Robyn

Startupologue

Read 57 times Last modified on Friday, 20 April 2018 00:15

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.