ADIEU DESTO…

Décès ce jour de M. Nkotti François, patriarche respecté, mastodonte dans l’univers musical camerounais et, surtout, pionnier du mythique Black Styl’s dont l’art traverse les âges sans rides, après avoir enfoui profondément les assises et les racines d’un genre musical, le Makossa, qui a depuis lors traversé fleuves et océans, pour conquérir aux quatre coins du Cameroun qu’il fédère, et du monde qu’il a su séduire.

 C’est donc l’un des pères du Makossa qui s’élève au ciel de l’éternité, après avoir connu le firmament ici-bas. Il est de ceux qui ont masséré le makossa, avant de lui donner sa marque inaltérable, son essence surgie de la nuit des temps, son identité, son rythme et sa mesure uniques et authentiques. L’ensemble puisé au fil du Wouri en amont et du Nkam en aval, ruisselant des éléments de la cosmogonie des peuples Sawa Mbedi et bien au-delà. L’homme et le patriarche quittent cette terre à laquelle ils ont donné sans compter. Sans se ménager. Aussi bien pour l’épanouissement des hommes que pour l’essor de cet art musical qui furent leur raison d’être, à travers le FOMARIC (Foire Artistique et Commercial) dont il était le promoteur notamment.

 L’artiste quitte la scène mais point nos cœurs et esprits habités à jamais par d’innombrables classiques tirés de son immense répertoire. Ou encore de son talent inestimable. Talent aussi imposant que cette stature qui en faisait un modèle. Tout aussi immense que cette masse musculaire se mouvant en nous subjuguant comme jamais sur les scènes du Davum Bar en face de Laquintinie et de Oryx Bar à Bonaberi à l’époque, en passant par les écrans du mort et enterré Télé Podium.

Tout petit à Souza où j’ai suivi mon oncle l’abbé Pierre alors que je faisais le cours élémentaire, je passais par chez lui pour aller à la rivière et, certains soirs, le week-end, me glissait sur les pas d’aînés de l’internat du collège St Herbert, juste pour aller l’écouter et écouter, caché dans le noir, ses chansons devenues cultes. Voici celle que j’aimais, celle que j’aime et qui fait de mes yeux et de mon cœur, un Moungo de larmes : « Na ma timba Souza »…

 Nkotti François quitte cette terre donc. Desto demeure, heureusement… Londo na selele… (en duala dans le texte)… #nkottifrançois #Desto #makossa #blackstyls #musiciencamerounais #Sawa”.

Thiéry Gervais GANGO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *