CAMEROUN Ô PAYS BIEN AIMÉ!

Je ne suis pas encore ce que mes enfants souhaitent que je sois, je ne suis non plus cet eldorado sur lequel mes anciens maîtres croient détenir un monopole éternel. Je suis ce pays qui dit oui à la mondialisation faite des échanges fifty-fifty, dans lequel le choix du partenariat est libre et non dicté.

Je ne suis pas indifférent aux yeux doux de la Chine et je guette du côté des pays émergents, l’Urss est un atout non négligeable, je pacte avec les Usa et je ne lâcherai point mes « Cop’s » que sont la France, l’Angleterre ou l’Allemagne, je suis fidèle à la coopération sud-sud et surtout aux relations de bons voisinages.

Je me refuse d’être un laboratoire d’expérimentations ou de recherche d’un vaccin contre cette maladie contagieuse qu’est la démocratie.

Je me dois d’être fier de moi-même comme 54 ans après mon indépendance mon visage n’est pas reluisant, gangrené par la corruption, l’injustice, le tribalisme, l’inégalité de chances dans plusieurs domaines de la vie sociale, tout autant que la santé, l’eau potable, l’électricité ou l’éducation ne sont pas à la portée de tous.

Aucune vie n’étant rectiligne ou parfaite, je me dois non pas de justifier ces retards qui sont plus des faits d’hommes que de la fatalité, de rectifier, de me renouveler surtout intrinsèquement, de revoir mon modèle politique, de changer les hommes, de dynamiter ce système qui a montré ses limites et de redonner espoir à cette nouvelle génération qui ne doit pas payer les pots cassés d’une irresponsabilité politique qui divise de plus en plus les camerounais, installe la misère, favorise un clan qui aujourd’hui croit détenir la vie ou la mort de tout un pays, oubliant que les hommes passent toujours et le pays reste et se renouvelle envers et contre tous.

On peut retarder la nuit, mais on n’empêchera jamais le soleil de se lever.

J’ai été et je resterai ce Cameroun qui est né des cendres des Um Nyobe, Moumie Félix, Martin Paul Samba, Sultan Njoya, Douala Manga Bell. Ce Cameroun de Manu Dibango, Anne Marie Nzie, Talla André Marie, Richard Bona, Jay-Lou Ava, de Roger Milla ou Samuel Eto’o.

Ce pays en vert-rouge-jaune où on respire les fleuves du Wouri, de la Sanaga, du Nkam, de la Bénoué, du Mont Cameroun, des chutes de la Lobé, du parc de Waza… Ce pays qui se veut de camerounais contre camerounais et non de Bétis contre Bamilékés, d’Anglophones contre francophones, ou encore d’autochtones contre allogènes… Ce pays différent du Burkina, de l’Égypte ou de la Tunisie, ce pays qui adaptera sa démocratie à ses réalités ou aspirations de paix, d’union, de justice et d’égalité de chances pour tous.

Ce Cameroun des Lions Indomptables qui plie mais ne rompt jamais, qui s’inspirera certes du vécu des autres, mais luttera pour que sa démocratie repose sur des textes de lois forts et non sur des personnalités fortes. Un pays où personne ne devra payer pour son appartenance tribale, mais plutôt pour ses forfaitures et son manque de patriotisme

J’aime mon pays, ce beau pays dont rêvent tous ceux de la diaspora, partis qui par obligations, qui pour une vie meilleure, mais disposés à tout donner pour y retourner vivre, raison pour laquelle ils s’opposent via le net (cette plateforme moderne et révolutionnaire d’échanges, du donner et du recevoir).

Ils ont beau être généralement en désaccord, ils sont tous unanimes sur un fait, le Cameroun à besoin d’un réel toilettage, pas un simple tour chez le coiffeur pour changer de look, mais un lavage au karcher, un bain turc, un nettoyage duquel on ressort nouveau, revigoré et plein de vie pour affronter tout obstacle nouveau qui se présente.

Le virtuel ne sera donc forcément pas ce lieu où les meilleures stratégies se peaufinent, mais il sera un lieu de contact, de rassemblement, d’évaluation, de mot d’ordres, un outil indispensable aujourd’hui de stratégies ou de révolution. On peut le sous-estimer, mais il est préférable de le prendre au sérieux, car les hommes politiques ou dirigeants qui l’ont négligé, l’ont généralement cher payé.

Comment ne vais-je pas aimer ce pays au sous-sol très riche en pétrole, gaz, au bauxite, au fer…, au sol fertile mi volcanique, mi savane et d’une riche forêt toujours verdoyante, grâce à un climat tropical humainement favorable qui allie saisons sèches et saisons de pluies, pas de rigueur caniculaire encore moins d’inondation catastrophe.

Ce mini paradis c’est mon Cameroun bien aimé.

Aimer, c’est bien, c’est beau, toutefois lutter pour la sauvegarde des idéaux qui sous-tendent cet amour, à savoir union, paix, prospérité, est plus noble encore.

Le Cameroun à donc besoin de toutes nos forces, certes divergentes, mais unies pour un destin commun: L’Amour de notre cher et beau pays.

Ezéchiel NGOUCHEME

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