ENTITES PUBLIQUES : MEKULU MVONDO PLAIDE POUR LA CREATION D’UN ORGANISME UNIQUE CHARGE DE PILOTER LES REFORMES

A l’occasion d’un webinaire, organisé le 31 août par le cabinet OBIV Solutions de Viviane Ondoua Biwole, sur les lois de 2017 portant réformes des entreprises et établissements publics (EEP) au Cameroun, le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame, a plaidé pour la création d’un organisme unique pour piloter lesdites réformes.

« La création d’un organisme unique chargé d’initier, examiner et élaborer les propositions en vue de la modernisation de l’État dans toutes ses composantes et ses procédures est souhaitable. Pour remplir cette attente, l’entité concernée devrait avoir des missions et objectifs clairs et périodiquement évalués. Elle ne pourrait pas relever d’une structure interne à un département ministériel, mais surtout posséder, à tous les niveaux de ses composantes, des ressources humaines compétentes et de bonne moralité », a expliqué le DG de la CNPS, l’une des entreprises publiques les plus performantes du pays.

Selon ce responsable, une telle entité est la solution pour assurer la cohérence dans le pilotage des réformes. Il faut dire que « le flou » dans le pilotage des réformes a été identifié comme un des défis observés après 5 années de mises en œuvre des lois de 2017, par Viviane Ondoua Biwolé et Raphaël Ateba, respectivement expert en management public et en droit public.

« La projection organique de l’État actionnaire au Cameroun est caractérisée par une architecture que l’on pourrait qualifier de baroque. Interviennent en matière de gestion des entreprises et participations de l’État aussi bien des structures centrales point parfaitement coordonnées entre elles (direction des participations et contributions d’un côté et Commission technique de réhabilitation des entreprises de l’autre, au sein du ministère en charge des finances) que des entités autonomes spécialisées dont la Société nationale d’investissement (SNI) constitue l’archétype. Dès lors, le pilotage de la réforme de 2017 sur les EEP souffre d’un déficit de cohérence lié à la pluralité des instances impliquées et à la faible coordination de leurs actions rendant difficile la collecte, la centralisation et l’agrégation des données notamment financières concernant les EEP », a indiqué Raphaël Ateba.

Gestion peu stratégique du portefeuille

La proposition de Mekulu Mvondo est proche de la piste tracée par Viviane Ondoua Biwolé. « Peut-être faudrait-il envisager un organisme en charge de la modernisation de l’État ou alors élargir les missions du Programme national de gouvernance ou réévaluer le positionnement du Secrétariat permanent à la réforme administrative ? », s’était-elle interrogée avant que le DG de la CNPS n’intervienne. Une telle structure est d’autant plus nécessaire qu’elle permettrait également à l’État d’avoir une « gestion stratégique de son portefeuille claire et actualisée » qui fait également défaut, selon les trois intervenants.

« Il est souhaitable en effet, avant toutes autres considérations, sans préjudice de leur utilité ou pertinence, de refaire le recensement et l’appréciation de la géographie et de la consistance du portefeuille de l’État. Ceci a la vertu de permettre à celui-ci de focaliser ses moyens (limités) sur les entités publiques à valeur sociale ou économique avérée ; sans duplication ni avec d’autres entités publiques ni encore moins des entités privées qui exerceraient dans la même configuration en tenant compte des impératifs sociaux déterminés par l’État », a soutenu le DG de la CNPS.
La CTR a lancé 20 juin 2022 un appel à concurrence « en vue du recrutement d’un consultant pour l’élaboration de la politique actionnariale de l’État au Cameroun ». Mais l’appel a été déclaré infructueux.

 

Sylvain Andzongo
INVESTIR AU CAMEROUN
Investiraucameroun.com

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