ERRANCE …

Risquer allègrement sa vie pour fuir la misère endémique ou la violence chronique de son pays d’origine ? Rien de choquant en soi, sauf cette horrible peine indomptable des existences humaines autrement sacrifiées, qui circule actuellement sur les réseaux sociaux. Quelle tristesse !

Les seigneuries africaines pourraient-elles s’en offusquer à la lumière des bilans respectifs de gouvernances postcoloniales, une soixantaine d’années après la proclamation des indépendances ?

 

BILANS SOCIÉTAUX

Le cas échéant, que trouveraient essentiellement les maîtres de ces gouvernances postcoloniales à l’actif et au passif des bilans sociétaux plus ou moins révisés, controversés ou subis par les peuples concernés ?

À l’actif, on parle des immobilisations individualisées par monts et par vaux, ainsi que des devises accumulées et mobilisables à l’étranger par ceux qui tiennent onéreusement et pompeusement le haut grandiloquent du pavé…

Au passif, il est question des capitaux publics détournés et des fonds impropres provenant de la paupérisation des masses laborieuses, de la prévarication élitaire et des colossales dettes transférables aux futures générations…

 

RÉSULTATS SOCIÉTAUX

Comme les soldes de l’actif et du passif des bilans précités s’avèrent périodiquement provisoires, mais fatalement cumulatifs au fil du temps généreux qui passe, qu’en est-il des comptes de résultats sociétaux ?

Ils semblent présenter, presque tous, des déficits annuels, définitifs et irréversibles de ressources. Il n’y aurait donc pas lieu d’être économiste pour se convaincre, les doigts dans le nez, de prendre opportunément son pied d’espoir et d’aller dangereusement à val de route ou de mer…

Comment condamner simplement ces migrants parfois volontaires, en faisant litière de leur environnement multidimensionnel ? Certains ne succombent-ils pas à la tentation élémentaire d’échapper, à tort ou à raison, à une sorte de décrépitude relativement usuelle ?

 

AVENTURE INCERTAINE ET PÉRILLEUSE

Bien qu’une minorité d’intrépides baroudeurs océaniques aient le cul bordé de nouilles pour arriver à destination, en Europe ou aux Amériques, il n’en reste pas moins que la clandestine aventure, incertaine et périlleuse, se réalise souvent à la mords-moi le noeud.

Hélas, l’Afrique n’a pas de terres connues où transférer le désespoir de ses excédents démographiques ! Vouloir affirmer le contraire est une extraordinaire fierté afro-futile destinée à enculer les mouches et à cogner les crânes contre le filet des extases élitaires de gobe-mouches.

Que faire alors ? Œuvrer sans relâche aussi bien pour le respect de la dignité humaine, en marge des considérations manichéennes, que pour la révolution industrielle de la « Mère de l’humanité », dont l’échec éventuel serait catastrophique pour l’ensemble de la planète !

« Alea jacta est » !

MEDIAPART – PARIS

LUN. 24 MAI 2021

Par le Professeur Alain Boutat

Épidémiologiste,

Économiste et Politologue

Lausanne

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