La variole du singe

Plus de 500 cas de variole du singe ont été recensés dans le monde entier. État grippal, lésions cutanées… Les symptômes ont déjà été énumérés par les autorités sanitaires. Mais dans quel ordre apparaissent-ils ?

La variole du singe provoque un état grippal, avec les symptômes suivants : fièvre, maux de tête, courbatures, fatigue, ganglions nombreux et enflés… Après quelques jours de fièvre, des lésions cutanées apparaissent. Ils s’emplissent d’un liquide clair et finissent par sécher puis tomber, pouvant laisser des cicatrices sur la peau.

L’éruption se concentre sur le visage, la paume des mains et la plante des pieds, mais aussi les muqueuses (langue et organes génitaux).

Les symptômes durent généralement de 2 à 4 semaines.

L’ordre des symptômes

Les premiers symptômes de la variole du singe à apparaître sont de type respiratoire ou grippal : fièvre, courbatures, maux de tête, fatigue… Mais il est important de noter qu’ils ne se manifestent que deux semaines après l’infection.

La période d’incubation de la variole du singe est donc très longue. Une fois que le virus est entré dans l’organisme, il affecte d’abord les organes internes, selon le Docteur William Schaffner, expert en maladies infectieuses au centre médical de l’université Vanderbilt, interviewé par Healthline.

Ensuite, une lymphadénopathie apparaît : les ganglions sont enflés et nombreux.

Enfin, une éruption cutanée arrive sur les mains, les pieds, le visage, la bouche et les organes génitaux. Elles prennent la forme de bosses surélevées ou de papules rouges douloureuses, remplies de pus.

Les symptômes apparaissent donc dans l’ordre suivant :

1) État grippal : fièvre, courbatures, maux de tête, asthénie ;

2) Lymphadénopathie : ganglions enflés ;

3) Éruption cutanée

Si vous présentez ces symptômes ou si vous avez été en contact avec une personne ayant eu une variole du singe suspectée ou avérée, il est recommandé de prévenir votre médecin et d’éviter tout contact étroit avec le monde extérieur, afin d’endiguer la propagation du virus. L’isolement demandé par les autorités sanitaires est de 21 jours.

La variole du singe « guérit en général spontanément et les symptômes durent de 2 à 4 semaines. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l’ampleur de l’exposition au virus, à l’état de santé du patient et à la nature des complications, précise l’Organisaton mondiale de la santé (OMS). Le taux de létalité de la variole du singe a toujours varié de 0 à 11 % dans la population générale, avec des chiffres plus élevés chez les jeunes enfants. Ces derniers temps, le taux de létalité était d’environ 3 à 6 % ». Dans les pays endémiques, les décès provoqués par la variole du singe sont « surtout liés à une prise en charge tardive, puisque les cas se produisent dans les zones reculées, médicalement moins dotées, a indiqué Steve Ahuka Mundeke. Avec des complications respiratoires ou des surinfections bactériennes liées aux lésions cutanées ». En revanche, une prise en charge médicale rapide et adaptée réduit considérablement les risques.

Existe-t-il des traitements préventifs ou curatifs ?

Un médicament antiviral, le tecovirimat, conçu pour la variole, a été homologué par l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour la variole du singe en 2022, sur la base de données venant d’études menées sur les animaux et les humains. Il n’est pas encore largement disponible, « il est indiqué contre les formes graves » de la maladie, a rappelé Xavier Lescure.

Un vaccin de troisième génération contre la variole classique (vaccin vivant non réplicatif, c’est-à-dire ne se répliquant pas dans l’organisme humain) est autorisé en Europe depuis juillet 2013. Un vaccin qui offre « une immunité croisée » face à la variole du singe, a indiqué jeudi Brigitte Autran, professeure émérite d’immunologie à la faculté de médecine de Sorbonne Université. Mais « pour l’instant, il n’y a pas lieu de concevoir une campagne de vaccination préventive du fait du faible nombre de cas et de la faible gravité de la maladie ». En revanche, avec un virus ayant « une période d’incubation d’une et trois semaines, il est intéressant de l’utiliser en post-exposition » pour les cas contact, a-t-elle poursuivi, « pour prévenir ou empêcher la dissémination de l’infection ».

Juliette Gendron

Rédactrice Doctissimo

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