Le glaucome : une maladie insidieuse

Vous ne ressentez aucune douleur, vous n’avez aucun trouble visuel. Et pourtant vous pouvez être atteint d’un glaucome.

 A partir de la quarantaine, le glaucome devrait être systématiquement dépisté. Cette maladie grave de la vision qui s’accompagne en général d’une pression oculaire trop élevée, entraîne en effet une destruction lente du nerf optique, pouvant aboutir à la perte totale de la vue. Plus d’un million de personnes seraient concernées en France.

Les causes premières du glaucome demeurent souvent inconnues, mais un certain nombre de facteurs de risques ont été déterminés : l’âge, l’hérédité, la myopie sévère, des antécédents traumatiques oculaires, une hypertension artérielle.

Il existe deux types de glaucomes.

Le glaucome à angle ouvert représente le plus fort taux des cas de glaucome. Il ne s’accompagne d’aucune douleur ni signe particulier. Il est impossible de savoir si l’on atteint d’un glaucome débutant sur les seuls signes que l’on peut observer par soi-même. Seul un examen auprès d’un ophtalmologiste permet de détecter une forme débutante de cette maladie et d’agir quand il est encore temps.

Chaque personne est un cas particulier. Le traitement est donc personnalisé. Il n’existe pas de traitement standard. Les collyres sont les médicaments les plus prescrits. Leur emploi est souvent efficace mais l’administration locale de gouttes doit être quotidienne et souvent à vie. En cas d’échec, une opération chirurgicale doit être entreprise. Il s’agit d’une opération tout à fait bénigne.

Contrairement au premier, et beaucoup plus rare, le glaucome à angle fermé ne passe pas inaperçu. Il se manifeste par l’apparition soudaine d’une douleur sourde et persistante, associée à des nausées et des troubles de la vision. C’est une urgence médicale, imposant une intervention immédiate.

Enfin sachez que, contrairement aux idées reçues, le glaucome n’est pas amélioré par un régime alimentaire spécifique, et que lire ou regarder un ordinateur ne l’aggrave pas.

Grâce à l’avancée et la complémentarité des traitements (médicaments, laser, chirurgie), ces derniers retardent de manière conséquente la dégradation de la vue 1. “Plus le glaucome est diagnostiqué tôt et plus les traitements seront efficaces d’où l’intérêt d’un dépistage précoce 2”, souligne le Professeur Jean-Paul Renard. Ainsi, il est possible de stabiliser la vue dans 80 % des cas de glaucome rapidement pris en charge.

Traitement du glaucome : des collyres plus efficaces

Avec l’arrivée de nouvelles molécules sur le marché, dont la prostaglandine, les traitements médicamenteux sont plus faciles à prendre. Ainsi, au lieu de devoir mettre du collyre deux à trois par jour, les patients peuvent aujourd’hui réduire leur pression intraoculaire grâce à l’administration d’une à deux gouttes de collyre une seule fois par jour.

La trabéculoplastie avec laser

S’il est courant de traiter le glaucome par voie médicamenteuse, les opérations par laser ne s’effectuent pas systématiquement. La pratique du laser dépend de la forme clinique du glaucome, de l’évolution de la maladie, de son stade… L’objectif de la trabéculoplastie est d’abaisser la pression intraoculaire en permettant à l’humeur aqueuse de s’écouler plus facilement.

La chirurgie, un acte complémentaire

Comme pour le laser, la décision d’opérer doit être prise en fonction de chaque patient et permet de réduire la pression intraoculaire sans garantir pour autant d’effets positifs sur le long terme.

“L’opération ne s’effectue pas d’emblée car si les résultats sont bons, ils ne le sont pas à 100 %. Souvent, un traitement médicamenteux doit être repris quelques mois après la chirurgie”, précise le Professeur Jean-Paul Renard.

Quelle que soit la forme du traitement il est capital de le suivre rigoureusement car si “l’essentiel est invisible pour les yeux”, les progrès de la recherche permettent aujourd’hui aux patients de voir l’avenir plus sereinement !

Ecrit par:

Delphine Bourdet et le Dr Emmanuelle Billon

www.doctissimo.fr

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