LES STATISTIQUES SONT ELLES UNE BONNE BOUSSOLE POUR L’ACTION PUBLIQUE

On définit généralement la statistique, comme une science mais aussi une technique d’interprétation mathématique de données complexes et nombreuses, qui permet de faire des prévisions. En matière de gestion politique,  il apparaît une place de plus en plus dominante, des statistiques dont semblent ne plus pouvoir se passer, nos gouvernants.

La statistique  devient  ainsi cet ensemble de données utilisables dans un but d’orientation et de cadrage des politiques publiques (emploi, logement,  pouvoir d’achat,  santé,  enseignement, éducation,  économie,  sécurité consommation énergétique, social etc…).

Un état comme la France, fonctionne donc énormément en s’appuyant sur des données statistiques dont les  sources  au passage,  sont diverses et variées (sondages, Eurostat, Dares, consulting, Mac Kingsley et ses collègues, cabinets d’audit,  audit des services,  questionnaires internes aux administrations, études du conseil d’état etc…).

Ça en fait des chiffres, des infos, des données,  à croiser, à manier, à prendre en compte. Résultat,  un « fouilli-fouilli » qui devient néanmoins le déterminant d’une politique publique sur laquelle,  des décisions impactant nos vies souvent dans le mauvais sens d’ailleurs, vont être prises.

La volonté de justice,  d’équité dans la régulation économique et sociale, pour une cohésion sociale  efficace,  deviennent  alors une juxtaposition de  solutions qui ne régulent plus rien du tout,  voire qui créent de nouvelles formes d’inégalités et de comportements qui contrarient le bien-être des individus,  la croissance créatrice,  la production intelligente, la prospérité et la protection de nos sociétés,  d’un environnement avant de le vouloir durable,  au moins puisse-t-il déjà être vivable .

La macroéconomie devient alors cette chose qui nous avale. “50% de français vivent  au-dessous d’un seuil de pauvreté “dit un sondage  et même  si l’on sait  le résultat figé sur la base de données globalisées, amalgamées ,voilà nos politiques se précipitant sans la moindre prise de recul,  confortées par une flopée d’associations et d’ONG cet de lobbies , vers des prises de décisions,  sur la base de ces chiffres, pour en faire des boussoles dans le cadre de leurs orientations du coup trop généralistes et donc forcément abstraites et inopérantes pour améliorer nos conditions de vie.

Le système finit par exclure ceux qui produisent par leur travail pour ” porter,” ceux qui ne travaillent pas au prétexte, que ce n’est pas leur faute, s’ils ne travaillent pas. De nombreuses aides sociales vont ainsi aux plus démunis, étranglant ceux qui permettent l’engrangement des ressources pour les politiques qu’elles sous-tendent (où quand le serpent se mord la queue).

Voilà donc les plus démunis et leurs familles en vacances au bord de la mer ou en cure thermale pour un repos qui se savoure d’autant plus que ne se posent pas tous les soucis, toutes les difficultés d’une classe moyenne qui n’arrive plus à payer ni ses charges courantes,  ni des vacances de 2 jours à sa famille et qui frappe de plus en plus à la porte de la banque de France pour engager une procédure de surendettement avant de rejoindre la classe des plus démunis après un arrêt de travail de plusieurs mois voire de plusieurs années pour dépression nerveuse.

Voilà le résultat de politiques publiques qui s’égarent dans le néant,  non performantes, inéquitables, injustes,  inefficaces  inefficientes et défaillantes depuis plusieurs décennies, des politiques publiques et économiques tellement macro qu’elles sont à l’origine des maux qu’elles prétendent combattre ( inflation, chômage, cracks boursiers, crises économiques, crises financières, crises démographiques, sanitaires et énergétiques…).

Nos sociétés semblent fonctionner à contre-courant de ce qui devrait se faire (à mon humble et très modeste avis).

On cherche des causes pour tout ce qui se passe dans le monde: croissance faible et lorsqu’elle devient forte, on lui reproche d’être non efficiente parce que trop ” libérale,  trop capitaliste  ou capitalisme  trop fondé sur des innovations disruptives, incrémentales … trop de dividendes disponibles pour les nantis – trop d’aides pour les moins nantis, mauvaise répartition des richesses (mais ces richesses,  elles appartiennent à qui? N’oublions que le droit de propriété et la liberté d’entreprendre et donc de s’enrichir grâce à son effort et son investissement personnel, sont légaux. Jouir du fruit de son labeur est donc tout ce qu’il y’a de plus normal) – pas assez de main d’œuvre ou trop de mains d’œuvres peu employables parce que peu ou pas qualifiées- retard du numérique dans les entreprises ou il y’a plus de progrès technique ou trop de numérique peu créatives pour de nouveaux procédés et donc pour de nouvelles inventions alors même que nombreuses sont les externalités que la société en tire quand même (on n’est bien contents d’avoir la wifi, Facebook, Twitter,  tiktoc, insta et whatsapp gratuits) et lorsque les chercheurs proposent des inventions nouvelles,  il n’y a pas assez de sous pour couvrir leurs frais ( la nouvelle économie qui passe par l’économie durable et soutenable,  coûte cher visiblement) – enfin, trop de colonisation encore mais trop de corruption aussi de l’autre côté. Bref,  trop de tout et trop du contraire aussi…

Les potentialités humaines, techniques et scientifiques sont là, mais elles sont mal gérées. On a reproché à T.R Malthus de dire que les règles,  les normes sur comment doit fonctionner le monde, comment gérer les pauvres, sont celles-là mêmes qui créent les pauvres qu’elles s’empressent ensuite d’assister parce que “le secours public” est une dette sacrée de toute société moderne …la société doit sur ce fondement,  substance aux citoyens malheureux qu’elle contribue à créer. Drôle d’imbroglio.

  1. De Tocqueville avait raison de dire que ” le désir d’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité grandit”.

Pour conclure, je crois qu’il est indispensable aujourd’hui que nos politiques s’inspirent de cet adage qui invite plutôt que de donner du poisson à celui qui n’en a pas, de lui donner une canne à pêche et de lui apprendre  pêcher( si possible ajouterais-je, en lui indiquant au passage qu’il n’en aura qu’une de canne à  pêche car celle-ci,  est le fruit de la générosité d’autres, une générosité qui doit avoir comme limite, la décence et le respect de l’investissement collectifs)

Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit et prix Nobel de la paix en 2006 dit lui-même, qu’il croit en la créativité des êtres. Il est convaincu que plutôt que de perdre du temps  à leur enseigner de nouvelles compétences,  de leur offrir des solutions clés en mains, la société devrait leur enseigner comment utiliser ce qu’ils possèdent déjà chacun à leurs niveaux,  en terme de compétences et d’atouts, l’argent qu’ils gagneront sera ensuite leur outil pour faire face aux exigences matérielles et aux contrariétés et aléas de leurs vies.

Tout cela n’est possible que si la classe politique dans son ensemble travaille dans ce sens.

Rosalie KERDO BELIBI

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