L’EUROPE N’EST PAS LE PARADIS, MAIS SERA-T-IL TOUJOURS UN PEU PLUS PROCHE DE NOTRE CIEL?

En effet, sans connaître comment sont en réalité le ciel ou la vie de ceux que nous croisons, sans jamais vivre en eux, nous croirons toujours que les autres ont meilleure vie ou alors que sous d’autres cieux, nous aurons ces meilleures opportunités de réussite que notre environnement, apparemment, nous refuse, le ciel étant finalement, plus une illusion de paix et bien être éternels que toute évidence, tout comme l’Europe ou partout ailleurs.

   Voir ailleurs dévient donc, non pas uniquement un rêve, sinon une certitude de renaissance, mais surtout un espoir de devenir cette personnalité à laquelle nous croyons nos rêves et nos ambitions nous prédisposer.

   L’étranger et plus particulièrement l’Europe, devient la destination idéale, à tort ou à raison?

   Je ne dirai pas forcément à tort, car il est prouvé depuis la nuit des temps, que l’homme se découvre face à l’obstacle. Le pays étant devenu non plus un obstacle dans le sens où tout problème sans solution n’en est pas un, sinon un tunnel dans lequel nous refusons de croire qu’il existe forcément une sortie (même si beaucoup la trouvent, paradoxalement) mais uniquement parce que l’une des caractéristiques de l’égoïsme humain, c’est vouloir trouver sans chercher ce qu’il n’a jamais malheureusement cherché longtemps, comme le veut toute velléité existentielle.

   L’une des vertus majeures que nous pouvons reconnaître dans ce saut vers l’inconnu, est celle de nous ramener à cette évidence, que la lutte pour une meilleure vie, au-delà des artifices liées aux infrastructures et aux avantages sociaux, repose sur les mêmes fondamentaux: l’amour et le dépassement de soi, car même pour arriver au paradis, s’il existe, il faut déjà avoir bien vécu; il en est de même pour son séjour en Europe où il faut savoir se lever très tôt chaque jour, étudier et bosser dur quand une opportunité vous est offerte ou si vous voulez en décrocher une.

   Ce n’est donc que dans cette renaissance vidée de ces illusions de l’existence d’un monde sur mesure, que nous nous rendons finalement compte que la vie en réalité n’est qu’une “bastonnade” permanente et que non seulement il y a la vie partout, mais surtout qu’on peut aussi être meilleur médecin ou meilleur vendeur à l’étalage partout où on se trouve et en être fier et gagner sa vie, d’abord pour soi, car si le seul regard de l’homme n’a jamais ni effrayé, ni tuer l’oiseau, pourquoi devrons nous croire que notre vie dépend essentiellement de ce que pensent les autres avant ce que nous ressentons nous-mêmes ou disposons en réalité pour faire de notre vie ce qu’elle doit être en fonction des circonstances environnementales qui ne dépendent pas ou ne dépendront toujours pas forcément de nous?

 

Ezéchiel NGOUCHEME

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