Portrait : Anne Sophie OMGBA

Glance Magazine : Qui est Anne Sophie OMGBA ? Et qu’est-ce qui vous a amené à avoir cette passion pour ce type d’activité?

Anne Sophie OMGBA : Je suis la dirigeante de la société de communication Subsahara Group, créée en 2011, qui œuvre notamment dans le domaine culturel.

Je crois que ma passion pour l’Art en général, m’a été transmise par mes parents qui attachaient une importance capitale dans l’exploration du monde des idées et de la création. Nous avons toujours côtoyé des artistes et j’ai développé une véritable admiration pour ces derniers qui sont de véritables vecteurs de transmission de patrimoine autant que des conteurs des temps modernes. Ils disent, dénoncent, content, et subliment la vie.

Il est facile de d’immerger dans ce milieu sans jamais avoir l’envie de s’extirper de ce monde en perpétuelle transformation. J’apprends tous les jours, je m’amuse beaucoup et apprend énormément sur moi-même et au sujet des autres. Notamment sur des sujets fondamentaux tels que l’abnégation, le don de soi, et … les règles du marché de l’art.

Ce dernier point est essentiel pour qui souhaite apporter sa contribution à un meilleur référencement, une meilleure appréciation, de l’art africain sur un marché encore très enclin à vouloir imposer des normes et des standards de cotation qui continuent encore aujourd’hui de rendre cet art moins pertinent, sur le plan de la valeur conférée à la fois aux artistes noirs, et à leurs œuvres contemporaines et modernes.

De quoi passionner une personne qui aime la bagarre mais aussi le dialogue par la prise de position et la défense de ses convictions. C’est ce que j’essaie de faire à chaque fois que nous décidons de monter une nouvelle exposition, de mettre en lumière un artiste, son travail et à travers lui l’Histoire contemporaine du Cameroun ou de personnages africains ayant eu un parcours d’exception qui vient bouleverser les préjugés ou repousser les limites imposées par sa condition.

G.M. : Avec l’exposition YASUKE êtes-vous à votre premier coup d’essai ?

A.S.O. :L’exposition Yasuke était la deuxième édition du concept AME NATURE lancé en 2016.

La première exposition ayant eu un certain succès, nous avions dans l’idée de continuer à régaler notre entourage et le public en abordant un thème universel, celui de l’héroïsme et de la transformation de sa condition humaine et sociale.

Yasuke s’est déroulé sous le parrainage du Ministère des Arts et de la Culture, et avec le soutien chaleureux de l’ambassade du Japon, qui nous a plongé dans une expérience inédite, assez incroyable à Yaoundé, par la qualité de son accompagnement. Une expérience formidable qui nous incite à penser que la culture ne connaît pas de frontière. Elle n’est que partage et chacun a toujours plaisir à faire découvrir les richesses de sa culture à l’autre.

C’est en grande partie ce qui me motive.

Pas le premier coup d’essai non, et certainement pas le dernier.

G.M. : Le Cameroun et les Camerounais sont-ils portés vers ce type d’activités ou avez- vous pour cible un public particulier?

A.S.O. : Les cibles auprès desquelles nous communiquons sont aujourd’hui avant tout, il est vrai, plutôt institutionnelles puisque nous invitons pour des expositions privées le corps diplomatique, les ministères concernés par les sujets abordés, et les grandes organisations internationales.

Des invités de notre réseau direct ne manquent jamais de nous honorer de leur présence. Les personnes que nous côtoyons ont plus facilement accès à l’information évidemment.

Loin de souhaiter conférer un esprit élitiste à nos vernissages, il s’agit d’abord de promouvoir notre culture et un savoir-faire camerounais auprès de personnes en capacité de se faire « ambassadeurs naturels » de ces expositions (en parlant autour d’eux, au cœur de leurs milieux professionnels et personnels, en postant des photos sur les réseaux sociaux, etc.). C’est par ce biais que nous parvenons à nous faire entendre au-delà des frontières du Cameroun. Le Monde (édition numérique) à d’ailleurs eu l’information et publié un long article très détaillé au sujet de ce samouraï hors du commun et de l’exposition, qui a été partagé presque de 20 000 fois sur internet, figurant au moins une semaine à la Une de Google sur cette thématique, en tant qu’article le plus lu de cette édition.

Je pense que le temps viendra où se rendre à une exposition, comme dans un musée, deviendra une habitude populaire, si les promoteurs de la culture parviennent à produire du contenu pertinent, et motivant pour le grand public. Peut-être aussi que nous ne communiquons pas suffisamment en amont des événements.

Nous tenterons de remédier à cela puisque qu’une nouvelle exposition, grand public, cette fois est en cours d’organisation à Yaoundé, avec Raimi Sewado, dans un registre différent.

G.M. : Vos activités se limiteront elles au seul pays le Cameroun ou alors prônerez-vous la diversité dans l’art et la culture  partout ou besoin sera?

A.S.O. : Nous avons programmé une deuxième exposition Yasuke qui se tiendra cette fois au Japon pour le mois d’avril 2019. Puis une exposition à Paris, dans une salle de Musée connue, sur laquelle nous communiquerons ultérieurement. Une belle programmation pour l’année qui arrive.

Dans les deux cas, nous avons pris des dispositions afin que les informations puissent être communiquées en temps réel au Cameroun.

G.M. : Quel est votre next step ou projet immédiat?

De la création de contenu artistique… encore et toujours, au gré de l’actualité et de nos sensibilités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *