UNE DATE, UN ÉVÉNEMENT : 13 SEPTEMBRE 1958 RUBEN UM NYOBÉ : LE HÉROS OUBLIÉ

Au lendemain de la guerre d’Indochine et parallèlement à celle d’Algérie, la France a mené une autre, celle qu’on a appelé la guerre du Cameroun.

Après l’ANC et le parti communiste Sud-Africain, l’Union des populations du Cameroun (UPC) est le plus ancien parti politique du continent africain.

Sa création fut précédée, dès 1938, par celle de la JEUCAFRA (Jeunesse camerounaise française).

Parmi les membres fondateurs de cette dernière, Ruben Um Nyobé, commis greffier au tribunal de Yaoundé.

En 1944, il patrice à la conférence de Brazzaville et réclame la liberté de la parole et de la presse.

L’Union des syndicats conférés du Cameroun (USCC) se constitue avec Ruben Um Nyobé, une grève éclate le 27 septembre 1945 ; un groupe de colons armés ouvrent le feu sur des manifestants ( au moins 60 morts).

Ruben Um Nyobé réclame ouvertement un État indépendant. Il se fait vite dénoncer comme un agent du communisme international.

Ruben Um Nyobé et son parti politique ( UPC)Union des Populations du Cameroun, dénoncent la discrimination.

Son parti fait mouche dans les pays Bassa (dont il est originaire), Bamileké ( ouest du pays), ainsi que dans la ville portuaire de Douala.

Les autorités coloniales suscitent un Bloc des Démocrates Camerounais (BDC) et jouent à la division ethnique (l’arme favorite de l’impérialisme français).

Les élections de 1951 et de 1952 voient la victoire des démocrates (BDC), soutenus par les français.

En dénonçant les résultats lors d’un rassemblement de l’UPC, une répression ensanglante la région, faisant plusieurs centaines de morts , certains historiens parlent de milliers.

Les autorités coloniales lancent un mandat d’arrêt contre lui et interdit son parti (UPC), le contraignant dans la clandestinité.

Le 13 septembre 1958 sera exécuté Ruben Um Nyobè par une opération menée par les troupes coloniales dans la forêt de Sanaga Maritime, dans le sud du Cameroun. Son corps fut traîné, exhibé, défiguré, profané.

Soixante-trois ans après son assassinat, le nom de Ruben Um Nyobé est presque oublié, il reste l’objet d’une timide admiration.

Toute référence à Ruben Um Nyobè et à son parti, l’UPC, étaient interdites par la dictature d’Ahmadou Ahidjo mise en place en 1960 avec le soutien de l’ancienne métropole. La moindre évocation de son nom était considérée par le pouvoir en place comme « subversive » et sévèrement réprimée. Sa mémoire ne put être perpétuée que par quelques intellectuels.

Son influence avait dépassé rapidement le strict cadre camerounais car il était un fervent partisan de la coordination des mouvements anticolonialistes, il était devenu au cours des années 1950 une des icônes internationales du tiers-mondisme naissant.

Combattant de l’indépendance du Cameroun, son nom a été longtemps banni des manuels scolaires du pays.

Surnommé « Mpodol », celui qui porte la parole des siens,  en bassa, est né le 10 avril 1913, à Eog Makon, et mort assassiné, par l’armée française.

 

Une Correspondance particulière

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