JUSTIN BOWEN TCHOUNOU – LES DOIGTS D’OR DU CAMEROUN.

« La musique est mon travail, je ne sais pas faire autre chose », affirme Justin Bowen Tchounou avec une sincérité désarmante. Et cette phrase révèle l’essence même de cet artiste exceptionnel : une vie entièrement dédiée au piano, une quête perpétuelle d’excellence et une générosité sans limites qui en ont fait l’un des plus grands ambassadeurs musicaux du Cameroun.

Du quartier de Nlongkak en passant par le Lac à la scène mondiale.

Justin Bowen Tchounou grandit dans l’effervescence culturelle du quartier résidentiel du Lac  à Yaoundé, fils d’un fonctionnaire. Dès l’âge de 9 ans, il découvre la musique grâce à son frère François, s’initiant de manière autodidacte à l’orgue familial puis au piano.

À seulement 14 ans, déjà prodige, il se produit dans des bars tels que le célèbre Philanthrope, et à 17 ans, il est professionnel.

Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu’il rejoint le groupe Makoumba-Makoumba pour une tournée marquante en Grèce. Ce voyage initiatique ouvre la porte à l’Europe, et il s’installe en France.

Au Havre, puis à Paris, Justin travaille sans relâche : conservatoire, jazz, cours particuliers. Sa rigueur et son exigence artistique le poussent toujours plus loin, enrichissant son style par une écoute attentive des grands maîtres du jazz tels que Jimmy Smith, Ray Charles, ou encore Keith Jarrett.

Collaborations prestigieuses et contributions majeures.

Justin Bowen Tchounou multiplie les collaborations prestigieuses, devenant notamment pianiste attitré du collectif Safari Ambiance, qui rassemble des icônes du Makossa comme Toto Guillaume et Aladji Touré. Il partage la scène et les studios avec Manu Dibango pendant de longues années, devenant son pianiste officiel jusqu’à la disparition du légendaire saxophoniste en 2020.

Il joue un rôle déterminant dans la création du célèbre titre « Bend Skin » d’André-Marie Tala, devenu emblématique du patrimoine camerounais. Arrangeur de génie, il produit l’album « Munam » de Sissy Dipoko en 1991, un succès panafricain retentissant. Justin contribue également aux bandes originales de films comme « Paris à tout prix » de Joséphine Ndagnou, confirmant ainsi son talent polymorphe.

Une personnalité attachante et authentique.

Sous les projecteurs comme dans l’intimité d’un piano-bar, Justin Bowen reste un homme chaleureux, accessible, et profondément humain.

Éloquent et généreux, il distille humour et sagesse dans ses échanges, portant toujours haut ses valeurs d’humilité, de travail acharné, et d’intégrité. « Si vous trichez avec votre métier, on le découvrira tôt ou tard », répète-t-il souvent, fidèle à son exigence morale et professionnelle.

Son jeu musical, mélange subtil de jazz, de rythmes traditionnels africains et d’influences internationales, témoigne de sa curiosité infinie et de son ouverture au monde. Son dernier album, « L’âme de l’Afrique », sorti en 2021, est une magnifique déclaration d’amour à ses racines, célébrée à travers des compositions jazzy et profondément camerounaises.

Un héritage vivant.

Justin Bowen Tchounou, au-delà de ses doigts d’or, incarne l’excellence musicale camerounaise à travers le monde. En conjuguant passion, travail et authenticité, il continue d’inspirer les générations nouvelles tout en restant fidèle à ce qui fait sa grandeur : sa musique, son humanité et son éternelle quête de perfection.

MARIO LAGINHA ET JONATHAN BUTLER
MANU DIBANGO VINCENT NGUNI ET JUSTIN
MANU DIBANGO ET MOREIRA CHONGUICA
GUY NSANGUE ET VINCENT NGUINI
GASTON KELMAN MANU ET GRACE KAMA

 

@Adrien Macaire Lemdja

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