CAMEROUN, PANNE GÉNÉRALE DE LA TOLÉRANCE

Les relations humaines se sont sérieusement détériorées depuis quelques années au Cameroun, créant ainsi une tension permanente entre les citoyens. A l’origine de cette situation électrique, le refus à l’autre, du droit à la différence. Ce nouveau mode de vie, largement partagé jusque dans les milieux insoupçonnés, réduit la notion de la tolérance à sa plus simple expression, pour dire le moins.

La tolérance, le dictionnaire Larousse la définit comme, « l’attitude de quelqu’un qui admet chez les autres, des manières de penser et de vivre, différentes des siennes propres. » Il s’agit à l’évidence, d’un vaste programme qui, non seulement, accorde une place prépondérante à l’acceptation des différences, mais aussi, qui inclut le rejet de tout jugement hâtif. Pour autant, la tolérance ne signifie nullement l’approbation de tout comportement ou opinion, mais plutôt, le respect de tout ce qui ne rentre pas dans les cordes de nos convictions. Malheureusement, avec les avancées technologiques, dont notamment l’intelligence artificielle, la multiplication des débats sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux, un nouvel ordre national de penser et d’agir est né.

Ce nouveau courant fait à satiété, l’apologie de la manipulation des esprits pour mieux contrôler l’opinion publique, avec comme matière première, l’utilisation sans modération, du langage déshumanisant pour parler des autres afin de les réduire à des catégories simplistes et négatives.

Nous sommes ici en pleine immersion dans le monde de l’intolérance ; un monde entièrement contrôlé par les dévots du chaos, calfeutrés derrière l’anonymat des réseaux sociaux ou encore, sans l’emprise des effets enivrants des lumières des plateaux de télévision. La situation est telle que, ce qui n’était que des échanges des punchlines au départ, s’est rapidement transformé en bataille rangée, où les plus forts ou les plus intelligents sur ce terrain, sont ceux qui ne se mettent aucune limite pour dévaloriser les autres. Les règles sont simples : plus les propos sont grossiers, vulgaires, dignes des caniveaux, mieux ils valent, et plus, leurs auteurs sont portés en triomphe. Dans ces arènes, tantôt virtuelles, tantôt réelles, les invectives sont distribuées à tour de bras, l’intolérance règne en maitresse absolue ; de jour comme de nuit, elle nous cerne, elle a pris tout un pays en otage. Cette intolérance, elle est dans la phrase lancée à la cantonade par cet inconnu qui passe, elle est présente dans les rixes verbales entre automobilistes ou entre conducteurs des motos taxis et les autres usagers de la voie publique, elle s’invite sans gêne entre les fonctionnaires et les citoyens venus solliciter un

service. Les lieux de culte, les campus universitaires, les espaces commerciaux, et autres terrains des sports, aucun milieu n’est épargné pas cette hydre. Les officines du mal fonctionnement à plein régime. Les réalisateurs des films d’horreur et les auteurs des romans policiers sont battus à plate couture sur leur propre terrain par ces cruelles réalités. C’est la panne générale de la tolérance sur toute l’étendue du territoire Camerounais. C’est cette société complétement délabrée que nous nous apprêtons à laisser aux générations futures. L’histoire sera impitoyable à notre endroit, pour non-assistance à société en décrépitude morale avancée.

ANDRÉ GUIMVOUM

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