ENTRETIEN AVEC : FRANCOISE ETOA

Entretien avec la Camerounaise Françoise Etoa, la présidente du Cercle des enfants pour la défense de la langue française, et présidente – fondatrice entre autres de la Maison de la Francophonie de Malabo en Guinée – Équatoriale, de la Superette de Mora, et qui aujourd’hui prépare pour le 26 avril 2026 au Hilton Hôtel, la Journée Hommage aux Aides-Soignants et des Dons de consommables médicaux à des centres de santé en zone rurale.

GLANCE MAGAZINE : Madame Françoise ETOA, l’ONG française   » Cercle des Enfants », dont vous êtes là Présidente, célèbre ses 25 ans d’existence. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

Françoise ETOA : Il convient d’emblée de dire que le Cercle des Enfants, animé sous la coordination de l’Association Défense de la Langue Française, a pour mission la promotion de la langue française en Afrique, auprès des enfants des couches sociales vulnérables, vu leurs difficultés à accéder à cette langue d’apprentissage pour de nombreux pays en Afrique, qu’est le français. Et cela passe par la création des bibliothèques et ludothèques, pour faciliter l’accès aux livres et aux jeux éducatifs, notamment avec « Vocabulon » de la maison Mégableu, qui est un de nos partenaires. Cela dit, le Cercle des Enfants ne dort pas sur ses lauriers, et poursuit ses missions de vulgarisation de la langue française auprès des enfants des couches vulnérables du continent.

G.M : Comment conciliez-vous vos missions de promotion du français, au volet humanitaire ? Quelle corrélation entre les deux ?

F.E. : Votre question ressemble à celle qui a animé les cercles d’enseignement – apprentissage du français à un moment donné, où il se posait la question de s’il est pertinent de séparer la morphologie de la syntaxe. Mais à bien y voir, la morphologie ne peut pas être séparée de la syntaxe : les deux se tiennent et se conditionnent. Il en est ainsi de la promotion de la langue française et de l’humanitaire. Nous pensons qu’à cette promotion de la langue française auprès des couches nécessiteuses, on peut associer, autant que faire se peut, une bonne dose d’humanitaire, pour que le bien-être motive à l’apprentissage. Aussi Cercle des Enfants mène t-il, à côté de ces missions éducatives, des projets humanitaires au profit des veuves et orphelins de guerre.

Dans cet ordre d’idées, nous pouvons d’ailleurs citer le projet de construction de la Supérette Solidaire de Mora dans le Mayo-Sava, et dont nous sommes porteurs. Il s’agit d’un espace de vie destiné aux femmes de Mora, et victimes des affres de la secte Boko Haram. Le projet est en construction, et cet espace devrait aider à la réinsertion sociale des femmes de Mora dont la guerre que mène vaillamment les forces de défense camerounaises contre la secte djihadiste nigériane, a désagrégé le tissu social. Et bien évidemment, Cercle des Enfants dans toutes ces activités, qu’elles soient éducatives ou caritatives, avec nos  partenaires, dont des entreprises françaises comme BEC-RAZEL, CIMENCAM… et bien entendu des entreprises locales camerounaises et autres partenaires dont je salue la responsabilité sociétale salutaire.

G.M. : Pourquoi avoir choisi d’orienter votre action humanitaire du 25 avril sur la santé ?

F .M. : La santé est la base du bien-être. C’est d’abord le   corps qui porte tout ce que nous sommes : journaliste, humanitaire, enseignant, ingénieur, maçon, menuisier. Il va donc sans dire que la santé est le socle de la prospérité à tous égards. C’est pourquoi cette année, nous avons mis les personnels soignants au cœur nos activités, pour leur dire combien ils sont importants pour la société entière, mais aussi pour leur rendre hommage. Nous allons offrir des consommables médicaux et des lits de consultation à certains centres de santé moins nantis des zones rurales. À cette même cérémonie du 25 avril 2026, à l’hôtel Hilton de Yaoundé qui va accueillir ladite  cérémonie, nous comptons recevoir 50 sapeurs juniors. C’est d’ailleurs l’objet de la correspondance que nous avons adressée à Monsieur le Général, Commandant du Corps National des « Sapeurs-Pompiers ». Nous pensons sincèrement qu’avec la précieuse formation en premiers secours qu’ils reçoivent du « Corps National des Sapeurs-Pompiers » , les Pompiers Juniors constituent une composante importante de la chaîne sanitaire.

 G.M. : Quel est votre secret pour  avoir des sponsors aussi prestigieux ?

F.E. : Nous avons des sponsors de poids parce que la traçabilité de nos activités est d’une limpidité irréprochable. Les dons parviennent toujours à leurs destinataires, et les sponsors sont très regardants sur cet aspect. Notre crédibilité est donc établie. Voilà ce qui nous vaut d’avoir des sponsors de marque. Et ce n’est que cela qui est demandé à tous les entrepreneurs de l’humanitaire. Ils doivent déjà être eux-mêmes à l’abri du besoin, et même au-delà. Nul ne peut être un humanitaire fiable s’il est lui-même nécessiteux. Et c’est malheureusement le cas pour beaucoup de promoteurs d’associations dites caritatives. Quand certains ne sont pas nécessiteux, ils sont cupides et s’emparent de ce qui a été mis par les partenaires,  au bénéfice des nécessiteux. Cela est absolument condamnable et ne cadre aucunement avec les valeurs qui régissent l’humanitaire.

 G.M : Et pour finir, Madame la Présidente, quelles sont les perspectives de votre ONG ?

F.E. : Pour les années à venir, et avec le concours des partenaires, Cercle des Enfants envisage modestement une expansion de  ses activités éducatives et humanitaires vers le Gabon, la Guinée -Equatoriale et autres. Je pense que nous avons un motif d’être fiers de nous, après un parcours d’un quart de siècle. Notre ambition est de faire toujours mieux,  aussi bien dans le volet promotion de la langue française auprès des enfants issus des strates sociales vulnérables,  que  dans le versant humanitaire. Il ne reste plus qu’à souhaiter que plus de partenaires, plus de sponsors viennent renforcer nos activités.

 

Propos recueillis par Henri ATANGANA

Pour GLANCE MAGAZINE

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