LETTRE OUVERTE A MES FRERES ET SŒURS EKANG

Je suis Ekang, fier héritier d’un peuple noble, porteur d’une culture et d’une histoire qui fondent notre identité profonde. Aujourd’hui, je m’adresse à nous, mes frères et sœurs Ekang, avec la force d’un cri d’alerte et la gravité de notre responsabilité collective.

Que faisons-nous de cette fierté ancestrale ? Où est passée la vision collective qui faisait de nous des bâtisseurs et des leaders ? L’élite, pour la plupart, heureusement pas toute l’élite, ne s’est enfermée dans l’égoïsme, la jouissance immédiate. Immeubles, voitures, plaisirs personnels, pendant que nos jeunes errent sans repères, sans formation, sans service civique.

Pour ma part, j’ai été cadre supérieur chez MTN Cameroun, acteur privilégié d’une révolution technologique majeure avec le lancement du call box, de Mobile Money et plus encore. Nous avons posé des jalons pour la modernité, pourtant aujourd’hui, les Camerounais continuent de payer cher pour communiquer et des projets comme ceux Starlink avancent timidement.

Il est grand temps que les opérateurs de télécommunications au Cameroun mettent un terme au flou des offres et instaurent des forfaits uniques. Ces forfaits doivent inclure des appels illimités vers tous les réseaux et internet illimité, avec des prix justes et transparents. Le consommateur ne peut plus être noyé dans des listes d’options confuses, de quotas réduits, et de coûts cachés qui ne font que l’appauvrir. C’est une urgence morale et sociale, car la communication est aujourd’hui un droit fondamental, un levier d’éducation, de travail et d’unité nationale.

Le service civique, institué par la loi de 2007, est pourtant une chance pour notre jeunesse : un volontariat d’engagement, d’apprentissage du devoir, de la solidarité, et du travail au service du pays. Mais il reste étouffé par la loi sur les associations de 1990 qui freine l’initiative associative et civique des jeunes, cassant cet élan de renouveau citoyen dont le Cameroun a besoin.

Je reviens d’années d’expatriation, porteur de grands projets : un centre de cardiologie soutenu par la plus grande association bénévole mondiale, la Chaîne de l’espoir, une centrale solaire de 500 MW avec un investisseur émirati, une compagnie aérienne avec des fonds européens. Tout était prêt, mais rien n’a bougé. Même la bienveillance de la Première Dame qui était prête à nous confier un site et du ministre KALKABA qui a tout fait pour nous accompagner n’a pas suffi à nous aider.

Mes frères et sœurs, au-delà de nos racines Ekang, je porte aussi en moi le souffle de l’Ouest par mes neveux et nièces, des Bassa, et de l’Extrême-Nord par ma mère, comme beaucoup d’entre nous. Ce métissage est notre plus grande richesse.

La dernière élection a montré la fatigue et la désillusion de nos jeunes. C’est un signal que nous ne devons pas ignorer. Il est plus que temps de se réveiller, de se lever ensemble pour bâtir un Cameroun moderne, responsable, uni par le travail, la discipline et le patriotisme.

Je nous appelle à retrouver cette fierté et à redonner à notre jeunesse le goût du service civique et du volontariat, en libérant leur potentiel des rigidités administratives. Le Cameroun mérite notre engagement total, notre vérité et notre courage.

Le temps est venu de bâtir ensemble, dans l’honneur et la grandeur collective.

Fernand BEYENE

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