POUR LA BELLE DEBORAH…

Sur le pont du Wouri, la nuit a déployé sa voile de ténèbres, mais la douleur, elle, demeure lancinante et implacable. Les eaux sombres du fleuve, telles les larmes de deuil, reflètent les profondeurs abyssales de mon âme, où se noie le souvenir de mon ami disparu. Kaïmba  avait tout pour vivre, tout pour aimer mais il avait été happé par les abysses de son propre désir, comme un navire qui sombre dans la tempête, sans espoir de salut.

Le plaisir, ce leurre cruel, l’a consumé comme un feu dévorant qui réduit en cendres tout ce qui est beau et précieux. Et maintenant il n’est plus là, laissant derrière lui un vide sidéral, un gouffre qui ne pourra jamais être comblé. Les lucioles scintillent au-dessus de moi, comme des larmes de diamant dans le ciel. Et je me demande ce qui aurait pu être fait pour le sauver de lui-même.

Les regrets me tourmentent, les  » et si » me hantent comme des fantômes qui errent dans les couloirs de ma mémoire.

Mais la vérité, c’est que nous sommes tous vulnérables, que nous sommes tous à la merci de nos désirs et de nos faiblesses. Nous sommes tous des navigateurs solitaires sur les eaux tumultueuses de la vie, cherchant désespérément un rivage sûr, un phare pour nous guider dans les ténèbres.

Je regarde l’eau couler et je me demande si mon ami Kaïmba est enfin en paix. A-t-il trouvé la lumière qu’il cherchait ou est-il encore perdu dans la noirceur de propre enfer? J’espère pour lui, pour sa famille, pour ses amis, qui, tous savaient que c’est pour Déborah qu’il avait tout risqué. Une belle plantureuse au charme diabolique, qui avait capturé son cœur et son âme. Elle était comme une sirène, attirant les hommes faibles vers les récifs de la passion et de la destruction. Il avait été incapable de résister à son charme, prêt à tout pour la reconquérir, même si cela signifiait perdre son âme.

Et finalement, c’est peut-être  exactement ce qui s’est passé. La passion l’a consumé dans les eaux sombres du fleuve, laissant derrière lui un vide qui ne pourra jamais être comblé. Déborah, elle,est restée belle, intouchable mais un regard qui cache peut-être un secret, un regard qui dit que peut-être, elle savait exactement ce qu’elle faisait.

@LE FILS D’ÉMILIENNE

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