LE SYNDROME DES SUSPECTS HABITUELS
C’est l’histoire d’un shérif qui demandait chaque fois à ses agents d’aller chercher les suspects habituels quand il y a des délits ou des crimes dans sa ville et qu’il n’en connait pas les coupables. Pour calmer la population et donner aux journalistes de quoi écrire afin de ne pas perdre la face, il s’acharnait sur les délinquants habituels. Naturellement, les suspects habituels n’y sont pour rien mais au moins cela lui permettait de montrer aux populations qu’il travaille. Lorsque la pression populaire s’estompait, il relâchait les suspects habituels. Quand les gens ont des problèmes ou sont confrontés à des défis dans leur vie personnelle ou professionnelle, au lieu de prendre leurs responsabilités et de s’en occuper, ils se servent toujours des mêmes boucs émissaires pour expliquer ou justifier leurs problèmes. Cela leur permet de se dérober et d’attirer la compassion des autres sur leur sort. Sauf qu’au fond d’eux-mêmes, ils savent exactement la réalité des choses et qu’ils refusent de l’affronter.
NOUS AVONS TOUS NOS SUSPECTS HABITUELS.
Une des choses les plus difficiles à faire dans la vie, c’est d’assumer ses responsabilités. Voici les suspects habituels quand nous sommes face à des difficultés : le pays, les dirigeants politiques, les parents, l’éducation, l’environnement, l’école, les occidentaux, la religion, les hommes infidèles, les femmes matérialistes, Dieu, les ancêtres, les médias, le soleil, la pluie…Nos premiers réflexes quand on est en difficulté, c’est de désigner un de ces éléments, naturellement la liste n’est pas exhaustive. La question est de savoir pourquoi nous agissons souvent de la sorte. Parce qu’assumer ses responsabilités suppose qu’il faut faire face à ce qui arrive et se mettre en posture de résoudre la situation, nous préférons dégager la responsabilité ailleurs. Si nous choisissons d’assumer, cela revient à accepter nos lacunes, des erreurs, notre faute, notre immaturité, notre incohérence, notre manque de connaissance et de discernement, notre incapacité à faire certaines choses…Et plusieurs personnes n’en sont pas prêtes. Parfois pour des raisons d’égo, certains sont prêts à s’enliser que de demander pardon, de l’aide, d’accepter que des gens moins âgés ou des femmes leur viennent en aide.
D’autres choisissent d’attirer la compassion en se plaignant. Cela leur procure du soulagement moral, certes temporaire mais ils sont à l’aise avec même si dans la pratique ils savent que cela ne résout pas leurs situations. La misère aimant la compagnie, ils se retrouvent en club avec d’autres personnes qui se plaignent avec eux. Ils forment ainsi la ligue des gens qui critiquent tout le temps, se plaignent constamment mais ne sont jamais responsables des situations. « On a tous besoin d’un ennemi contre qui renvoyer nos déboires »
LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE FINIRA PAR SE RETOURNER CONTRE VOUS, IL FAUT REGARDER LA REALITE ET L’AFFRONTER.
Cette manie de ne pas voir ou de nier sa réalité et se dégager chaque fois sur les suspects habituels ne résout pas les situations et ne les fait pas disparaitre. Après avoir fini de critiquer le monde entier, vos problèmes attendent et patientent. Vos factures, votre loyer, votre santé, votre bien être, vos tâches professionnelles, votre vie de couple, votre projet…attendent que vous veniez vous occuper d’eux. Les plaintes ne résolvent pas les problèmes. Plus vous refusez d’assumer vos responsabilités et de vous occuper des causes profondes de vos problèmes, plus ils vont s’accumuler et vous risquez de finir par croire qu’effectivement ce sont d’autres personnes qui en sont responsables et doivent s’en occuper. C’est ainsi que beaucoup finissent par vivre dans un monde parallèle, espérant un sauveur ou un messie. Au lieu de travailler, prendre des décisions et les assumer, ils passent le clair de leur temps à jeûner et prier, alors qu’ils ont le choix et les solutions à portée de main. In fine, ils versent dans du fatalisme en estimant que c’est leur sort et que la nature ne leur a pas donné certaines choses, ou encore qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie. Mais comme le dit un proverbe africain : « le soleil n’oublie pas un village, même s’il est petit ».
Certes, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et il n’en sera jamais ainsi. Néanmoins, nous avons la capacité, le potentiel et le choix d’influer sur le cours de notre vie et de lui donner la direction que nous souhaitons. Mais pour cela, il faut prendre la responsabilité et décider d’agir au lieu de chercher les suspects habituels. Très souvent, nous n’avons pas d’emprise sur les évènements et situations extérieurs parce qu’ils sont le fait d’autres personnes et nous n’avons pas toujours d’explication sur la provenance des choses.
Toutefois, nous avons la possibilité entre laisser les évènements et les situations décider pour nous ou prendre le contrôle de nos réactions vis-à-vis des évènements et agir en fonction de nos objectifs et de ce que nous voulons pour nous-même, les nôtres, nos organisations et pays.
Marcellin S. Gandonou
Executive Coach
Author – International Speaker Founder & CEO SENAKPON GROUP.
Meilleur coach professionnel 2022

